Michel Bouvard de Fourqueux
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Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.
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Michel Bouvard de Fourqueux
Né et baptisé à Paris (Saint-Sulpice) le 20 août 1719.
Mort à Paris le 3 avril 1789.
Action ministérielle
La nomination de Bouvard de Fourqueux aux finances témoignait de la volonté de Louis XVI, qui « tenait plus que jamais aux différents projets qu’il avait fait mettre sous les yeux des Notables », de donner à Calonne « un successeur qui fût porté par sa propre opinion, à suivre les plans proposés ». Cette décision fut en fait très mal accueillie par l’opinion publique. Lors de la réception de Fourqueux à la Cour des comptes, le premier président prononça un éloge convenu qui mettait bien en évidence les limites de sa personnalité : « Il vous a été donné d’éclairer sans éblouir... L’Etat avait besoin d’une vertu délicate et de talents modestes : et l’on vous a nommé contrôleur général ». Même les amis de Fourqueux, tel l’abbé Morellet, reconnurent que la décision du roi s’était portée sur « un homme qui a des lumières, d’excellents principes d’administration, une exacte probité, de la douceur et de la réputation de toutes ses bonnes qualités » mais qui « a soixante-huit ans et [qui a] la goutte ». Enfin, les Notables, qui admettaient volontiers les qualités personnelles de Fourqueux, ne purent s’empêcher de brocarder le nouveau ministre : « Si on prenait parmi les morts » dit le comte de Brienne, « il eut été mieux de prendre Sully ou Colbert ».
Bouvard de Fourqueux chargea immédiatement Dupont de Nemours de terminer la rédaction des mémoires que Calonne, agissant clandestinement avec l’appui du roi selon Charles Gomel, avait voulu communiquer à l’assemblée des notables. Ces textes suggéraient de lever un impôt sur le timbre, de créer une taxe territoriale, de faire des économies dans les dépenses et d’émettre un emprunt à long terme. Ce train de mesures était conçu pour remplacer la gabelle, assurer le paiement des dettes exigibles et couvrir une partie du déficit.
Privé de tout appui politique, à l’exception de celui du roi qui l’avait promu au rang de ministre d’Etat le 18 avril 1787, Bouvard de Fourqueux ne put faire accepter son programme par les Notables. Il fut contraint à démissionner le 1er mai 1787. Ce ministère de trois semaines fut l’occasion d’un bon mot disant que Fourqueux avait été « joué au 21 ».
L’après-ministériat
Administrateur indispensable par ses compétences et sa probité, Bouvard fut promu conseiller au Conseil royal des finances et du commerce établi en 1787 par le nouvel homme fort du gouvernement, Loménie de Brienne. A l’automne 1788, il fut désigné par Necker pour être l’un des membres des comités ministériels chargés de travailler au règlement électoral des États généraux. Bouvard se prononça en faveur du doublement des députés du tiers état. Il mourut un mois avant la réunion des Etats généraux dans l’hôtel de Ligny, situé rue des Francs-Bourgeois, à Paris où il avait fait sa résidence.
Sources et bibliographie
Le Minutier central des notaires parisiens détient le contrat de mariage (étude LXXXVIII, liasse 572, 11 décembre 1740) et l’inventaire après décès (étude CXII, liasse 813A, 11 avril 1789) de Bouvard de Fourqueux.
Il n’existe aucune biographie de Bouvard de Fourqueux. Son bref ministère n’a donné lieu qu’à quelques lignes dans les études générales sur la crise des finances de la fin de l’Ancien Régime.
Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.
Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1
Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc