Louis-Gabriel Taboureau des Réaux
|
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.
|
Louis-Gabriel Taboureau des Réaux
Né et baptisé à Paris, le 20 octobre 1718 (paroisse Saint-Eustache)
Mort à Paris, le 31 mai 1782.
Action ministérielle
Selon les avis unanimes de ses contemporains, Taboureau était un homme de mérite et de capacité. Sa nomination au contrôle général des finances, le 21 octobre 1776, soit trois jours après la mort de Clugny, fut généralement applaudie. Cependant, lorsqu’il vint prêter serment devant la Chambre des comptes, le premier président de Paris fit surtout l’éloge de son absence de personnalité : « Une raison lumineuse, une prudence active, la simplicité des m½urs... voilà les vertus dont vous avez donné l’exemple, voilà l’histoire de votre vie. Valenciennes en a joui pendant douze ans ». La promotion de Taboureau n’était en effet qu’un paravent à la nomination simultanée de Necker à la direction des finances qui, à cause de ses origines protestantes, ne pouvait pas être nommé au contrôle général des finances. Les négociations de Necker avec le comte de Maurepas, principal ministre de Louis XVI, montrent d’ailleurs que le principal souci du gouvernement fut d’adjoindre au directeur des finances « un homme de bonne réputation, sans malice car il n’aura rien à faire que de laisser les choses telles qu’elles sont jusqu’à ce que les affaires d’argent et de crédit étant examinées, on soit dans le cas de faire des améliorations raisonnables».
Taboureau n’eut guère le temps d’accomplir grand chose durant les huit mois de son ministère, sinon de s’occuper, sous la direction de Necker, de l’arrangement des finances de l’année 1778 et d’émettre quelques emprunts. Peu satisfait du second rôle qu’on lui avait sciemment attribué et soumis aux railleries de la cour qui l’avait rapidement surnommé « la béquille », il offrit sa démission dès le mois de janvier 1777 à Louis XVI qui la refusa. Taboureau réitéra sans succès sa demande au mois d’avril suivant. Le 29 juin 1777, Louis XVI et Maurepas furent enfin obligés de céder devant son refus catégorique d’apposer sa signature sur un édit de Necker supprimant les receveurs généraux des finances. Pour éviter de faire perdre la face à sa famille et à un homme qui bénéficiait de l’estime générale, Taboureau fut promu conseiller au Conseil royal des finances le lendemain même (30 juin 1777). Il mourut à Paris le 31 mai 1782 sans laisser de postérité.
Sources et bibliographie
Il n’existe pas de biographie de Taboureau des Réaux mais seulement une étude d’A.P. Dutertre, Notice sur la famille Taboureau des Réaux..., Yssingeaux, 1935. Le Minutier central des notaires parisiens, aux Archives nationales, conserve son contrat de mariage (étude CVII, liasse 562, 14 avril 1773), son inventaire après décès (étude XVI, liasse 842, 25 juin 1782) et le partage de sa succession (étude XVI, 845, 8 février 1783). Louis-Gabriel Taboureau des Réaux, B.N.F. Cabinet des manuscrits, nouvelles acquisitions françaises 53, f. 132.
Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.
Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1
Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc