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XVIIIe siècle - Page 11

François-Marie Peyrenc de Moras


Creation Date
16-02-2006
Update time
16-02-2006
Source:
IGPDE
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.

François-Marie Peyrenc de Moras

Né et baptisé à Paris (Saint-Nicolas des Champs), le 11 août 1718.

Mort à Paris, le 3 mai 1771.

 

Action ministérielle

Peyrenc de Moras ne demeura aux finances que quatorze mois durant lesquels il dut procurer au gouvernement les fonds extraordinaires et les impositions supplémentaires destinés à financer la guerre officiellement déclarée à l’Angleterre le 9 juin 1756. Le 7 juillet 1756 parurent trois déclarations royales. La première, qui prorogeait pendant dix années la taxe de deux sous pour livre en sus du dixième, permit de lancer un emprunt de 36 millions en rentes héréditaires à 5 % remboursables sur dix ans. Les deux autres déclarations ordonnèrent la perception d’un second vingtième et la prorogation de divers impôts levés pendant la guerre de succession d’Autriche, les droits rétablis en 1743 sur les marchandises et denrées entrant dans la ville de Paris et les quatre sous pour livre levés en supplément de ces droits en 1747. En 1757, Peyrenc de Moras se fit également avancer 10 millions par les receveurs généraux des finances et lança, aux mois de mars et de juin 1757, deux loteries de 36 millions et 40 millions qui ajoutaient un intérêt annuel de 7,8 millions pendant douze années. Au total, Moras emprunta 112 millions.

Le doublement du vingtième, que Machault avait suggéré à Moras, fut à l’origine de vifs démêlés avec la magistrature. Elles culminèrent, au mois de décembre 1756, par la démission collective des magistrats du parlement de Paris qui refusèrent de se soumettre à un lit de justice leur imposant un règlement de discipline rédigé par Machault, et furent suivies, le 5 janvier 1757, par l’attentat de Damiens contre Louis XV. En pleine crise, Peyrenc de Moras fut nommé ministre d’Etat le 6 février 1757 et, deux jours plus tard, secrétaire d’Etat de la marine en remplacement de Machault d’Arnouville qui partagea ainsi l’exil de son ennemi, le comte d’Argenson, secrétaire d’Etat de la guerre. Le 25 août 1757, Peyrenc de Moras dut abandonner le contrôle général des finances au profit de Jean de Boullongne qui préparait activement le retour du parlement de Paris.

 

L’après-ministériat

Moras conserva le secrétariat d’Etat de la marine jusqu’au 1er juin 1758, vivement critiqué par Silhouette, car abandonnant un département obéré de 42 millions de dettes cumulées depuis 1755. Il se retira alors des affaires. Ses contemporains semblent n’avoir guère apprécié ce ministre qui « ressemblait parfaitement à une grosse pièce de b½uf » (Choiseul), à « un gros garçon auquel le travail coûte » (Argenson), « délicat et paresseux » (Barbier).

 

Sources et bibliographie 

Deux copies du budget de l’année 1756 sont conservés à la Bibliothèque nationale, manuscrit français 14081 et aux Archives nationales, ABXIX 2928. Le Minutier central des notaires parisiens détient son contrat de mariage (étude LXVI, 436, 13 juin 1739) et son inventaire après décès (étude XCV, 119, 25 novembre 1732).

Il n’existe pas de biographie du contrôleur général. La famille Peyrenc de Moras et les spéculations de son père ont été étudiées par Guy Chaussinand-Nogaret, Les Financiers de Languedoc au XVIIIe siècle, Paris, 1970, un ouvrage qui remplace la médiocre étude du marquis de Lordat, Les Peyrenc de Moras, 1685-1798. Une famille cévenole au service de la France, Toulouse, 1959, et Marc Dousse, Le Livradois au XVIIIe siècle, d’après la correspondance inédite du financier Abraham Peirenc de Moras et de Jean Teyras, bailli de Saint-Amand-Roche-Savine (1725-1733), Revue d’Auvergne, 1933, t. XLVII.


Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances

Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances  présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.

 

Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1

Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc

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