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XVIIe siècle - Page 7

Michel de Marillac


Creation Date
09-02-2006
Update time
09-02-2006
Source:
IGPDE
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.

Michel de Marillac

Né le octobre 1563 à Paris

Mort le 7 août 1632 à Châteaudun

 

Action ministérielle

Le 27 août 1624, Michel de Marillac est nommé, conjointement avec Jean Bochart, surintendant des finances. Les tâches de chacun n'étant pas spécifiées, il n'est pas possible de différencier ce qui relève du travail de l'un ou de l'autre. On ne peut donc que renvoyer à la notice de Jean Bochard pour décrire les activités de Marillac en matière financière : la tenue de la Chambre de justice et la recherche des moyens nécessaires à la conduite de la politique étrangère du Premier ministre.

 

L'après ministériat

En juin 1626, le chancelier d'Aligre, compromis par sa fidélité à Gaston d'Orléans, est disgrâcié. Michel de Marillac le remplace comme garde des sceaux. Son action revêt quatre aspects. Il ouvre les Ètats de Bretagne à Nantes puisque le duc de Vendôme, le gouverneur de la province, a été démis. Il ordonne que soit tenu le procès du comte de Chalais. Il préside l'assemblée des notables de décembre 1626 à février 1627. Il rédige l'ordonnance de 1629, connue sous le nom de Code Michau, vaste synthèse en quatre cent trente articles des textes adoptés aux États généraux de 1614 et des assemblées de notables de 1617 et 1626, envisageant tous les aspects du gouvernement.

Ce travail de juriste privilégiant la réforme intérieure de l'État et la défense du catholicisme l'oppose à Richelieu dont la politique est centrée avant tout sur la résolution des problèmes internationaux du temps. En 1629 et 1630, les deux hommes se livrent une guerre larvée : Richelieu encourage le Parlement à ne pas enregistrer le Code Michau; Marillac s'oppose à l'intervention française en Piémont et à la guerre contre l'Espagne.

La journée des Dupes et le triomphe du Premier ministre et de ses orientations (11 novembre 1630) scellent le sort des Marillac. Michel est sommé de se rendre à Glatigny pour y attendre les ordres du roi. Le 12 novembre, La Ville aux Clercs et Charles Duret de Chevry viennent lui réclamer les sceaux au nom du souverain et le remettent aux mains d'un exempt des gardes du corps et de huit archers chargés de l'accompagner dans son exil. Il est conduit en résidence forcée à Caen, à Lisieux et finalement à Châteaudun en février. Le 19 juillet, après l'évasion de Marie de Médicis de Compiègne, il est enfermé dans le château de Châteaudun. Il y meurt le 7 août 1632. Le maréchal est arrêté en Piémont, le 21 novembre 1630, emprisonné à Sainte-Menehould, jugé, à partir de mai 1631, à Verdun, par une commission extraordinaire de justice révoquée en novembre, puis à partir de mars 1632, à Rueil. Il est exécuté le 10 mai 1632, sur la place de Grève à Paris. Il est enterré dans la chapelle du couvent des carmélites du faubourg Saint-Jacques à Paris.

 

Écrits

Trois types d'écrits ont été rédigés et publiés par Michel de Marillac. L'Ordonnance du roy Louis XIII sur les plaintes et doléances faittes par les députés des Estats de son royaume convoqués et assemblés en la ville de Paris en 1614 , publiée au Parlement le 15 janvier 1629, A. Estienne, in 8°, 1629, 303 pages est un travail juridique. La Relation exacte de tout ce qui s'est passé à la mort du maréchal d'Ancre, Leyde, 1659, in 4°, 75 pages, la Harangue de M. le Garde des sceaux faite aux États de Bretagne tenus à Nantes, le Roy y séant, 1626 in 8°, 12 pages, La relation de la descente des Anglais en l'isle de Ré, du siége mis par eux au fort de Saint-Martin et de tout ce qui s'est passé de jour en jour jusques à la défaite et retraite desdits Anglais, Paris, E. Martin, 1628, in 8°, 247 pages sont des oeuvres politiques, dans lesquelles la propagande n'est pas exclue. L' Examen du livre intitulé Remontrances et conclusions des gens du Roi et arrêt de la cour de Parlement du 26 novembre 1610 attribué faussement à M. Servin, conseiller du roi en son conseil et avocat à la cour de Parlement de Paris comme ayant été faite en ladite cour sur le livre du cardinal Bellarmin pour montrer les ignorances, impertinences, faussetés et prévarications qui se trouvent presqu'en toutes les pages, 1611, in 8°, 179 pages est un livre religieux sur les oeuvres du cardinal Bellarmin saisies par le Parlement et dans lequel il s'oppose aux polémiques gallicanes qui se sont développées alors. De l'érection et institution de l'ordre des religieuses de Notre-Dame du Mont Carmel selon la réformation de Saint-Thérèse en France, des troubles et des différends excités en cet ordre et du jugement rendu par le pape sur iceux, Paris, E. Martin, 1622, in 8°, 384 et 25 pages, atteste son intérêt pour l'ordre qu'il a aidé à s'installer en France. Les traductions des CL Pseaumes (sic) de David et des X cantiques insérés en l'office de l'Église, Paris 1625, in 8°, 512 pages, et des IV livres de l'Imitation de Jésus-Christ, Paris, 1631, in 8°, 568 pages attestent sa forme de piété et son art de la traduction.

 

Sources et bibliographie

Le cabinet des titres du département des manuscrits de la B.N.F. est assez riche : Dossiers bleus 428, dossier 11427 et 11428; Pièces originales 1854, dossier 42783, et 1855, Cabinet d'Hozier 227, dossier 5942; Carrés d'Hozier 414; Chérin 130, dossier 2678. Le manuscrit 82-83 des Nouvelles acquisitions françaises contient La vie de Michel de Marillac, garde des sceaux de Nicolas Lefevre de Lezeau.

Les ouvrages sur les Marillac sont assez anciens mais n'ont pas été renouvelés.

- L. Desjonquères, Le garde des sceaux Michel de Marillac et son oeuvre législative, 1908.

- P. de Vaissière, Un grand procès sous Richelieu, l'affaire du Maréchal de Marillac, 1630-1632, Paris, Perrin, 1924, in 16, XX-251 pages.

G. Chorlier, La clé de Clitandre, Lecture faite en séance du 12 avril 1924, Bruxelles, Palais des académies, (s.d.), in 8°, 21 pages.


Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances

Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances  présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.

 

Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1

Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc

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