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XVIIe siècle - Page 4

Henri de Schomberg


Creation Date
09-02-2006
Update time
09-02-2006
Source:
IGPDE
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.

Henri de Schomberg

Né en 1575 à Paris

Mort à 1632 à Bordeaux

 

Action ministérielle

L'ensemble de son action se déroule en période de conflits intérieurs – guerre de la mère et du fils et révoltes des protestants du Béarn, de Guyenne et de Languedoc sous la direction de Rohan. La réduction de ces troubles entraîne un gonflement des dépenses d'ordre militaire : 12 300 000 en 1619; 14 300 000 en 1620; 19 500 000 en 1621; 23 000 000 en 1622. La seule urgence est d'y pourvoir, par tous les moyens. Les recettes ordinaires augmentent un peu en 1620 : 11 900 000 livres au lieu de 10 850 000. Mais le désordre est tel – dans les régions où sévit la guerre, les insurgés prélèvent aussi la taille – que l'effort ne peut être poursuivi : la taille ne rapporte qu'un peu plus de 10 000 000 livres les années suivantes. Les fermes font l'objet de tractations. La douane de Vienne, supprimée en 1611, est rétablie en 1621 et rachetée par les provinces de Dauphiné et de Lyonnais. De nouveaux droits sur le sel sont accordés par les mêmes provinces, à condition que la douane de Valence soit abolie, ce qui l'est...jusqu'en 1625. Malgré tout, le commerce ne pouvant s'effectuer, les fermes fournissent peu d'argent à l'Épargne : 12 882 460 en 1619; 10 000 000 en 1620; 6 000 000 en 1621; 8 175 000 en 1622. Les parties casuelles et les recettes extraordinaires fournissent donc l'essentiel des ressources. De nombreux offices sont créés et vendus. Le droit annuel, aboli le 15 janvier 1618, est rétabli le 3 avril 1621. Le trésorier des parties casuelles perçoit donc 13 267 639 livres en 1620; 14 260 000 en 1621; 20 050 000 en 1622 au lieu de 3 765 000 en 1619. Le clergé, sollicité, verse 3 636 000 livres de don gratuit en 1621. Les états de Languedoc donnent 400 000 livres en 1620 et 200 000 en 1622; ceux de Bretagne, 600 000 livres tous les ans depuis 1621. Le crédit est requis : en 1621, 400 000 livres de rente sont créées sur l'Hôtel de ville de Paris; les officiers doivent participer à un emprunt forcé et avancer un quinzième de la valeur de leur office. Les traitants et les comptables consentent aussi des avances dont l'intérêt peut atteindre 25 %. L'assiette des remboursements se fait par anticipations sur les recettes futures. En 1620, les deniers extraordinaires rapportent 6 812 593 livres; en 1621, 12 000 000; en 1622, 11 000 000. Naturellement, toute remise en ordre des finances est impossible : le 12 mars 1619, les derniers traités de rachats du domaine ont été annulés.

Cette politique financière, qui hypothèque lourdement l'avenir des finances monarchiques, permet d'assurer les nécessaires succès militaires. Schomberg n'en est pas moins disgracié pour des raisons politiques. Après la mort de Luynes, une alliance tacite s'établit entre Schomberg, Condé et le cardinal de Retz, pour faire pièce à l'influence des Brûlart. En août 1622, à la mort de Retz, les deux associés restants réussissent à faire nommer le cardinal de La Rochefoucauld pour le remplacer, alors que Richelieu postule et que les Brûlart lui sont plutôt favorables. L'élimination de Schomberg s'inscrit dans les manoeuvres des Brûlart pour s'emparer du pouvoir. En septembre 1622, ils empêchent le candidat de Condé et de Schomberg, Étienne d'Aligre, d'accéder aux sceaux. Condé est envoyé en Valteline. Attaqué de tous côtés, notamment sur sa gestion financière qui fait la part si belle aux financiers, Schomberg est renvoyé de la surintendance à la fin du mois de janvier 1623.

 

L'après ministériat

Henri de Schomberg se consacre alors à la guerre. Il se distingue à l'île de Ré en 1627 et au siège de La Rochelle en 1628. En Italie, il intervient au pas de Suse, prend Pignerol (mars 1630) et secourt Casal. En 1632, Montmorency ayant accueilli Gaston d'Orléans dans son gouvernement de Languedoc, Schomberg leur est opposé. Il remporte la victoire de Castelnaudary et obtient le gouvernement de Languedoc.

 

Écrits

N'ont été éditées, de lui, que de courtes oeuvres ayant trait à sa disgrâce - Lettre de Monsieur le Comte de Schomberg au Roy, Paris, in 8°, 1623, 8 pages – ou aux opérations militaires qu'il a dirigées – Lettre envoyée au Roy par le Comte de Schomberg sur la prise d'Uzarches, Paris, F. Morez, 1619, in 8°, 10 pages; Lettre de M. le Maréchal de Schomberg envoyée à Sa Majesté sur le razement des fortifications et tranchées des Anglais en l'île de Ré, Paris, in 8°, 1627, 7 pages; Relation envoyée au Roy par M. le Maréchal de Schomberg du combat fait entre les armes qu'il commande et l'armée de Monsieur près de Castenaudary, le 1er septembre 1632 contenant la prise de Monsieur le duc de Montmorency, Paris, in 8°, 1632, 15 pages.

Sources et bibliographie

L'essentiel des informations biographiques se trouvent au cabinet des titres du département des manuscrits de la B.N.F (Dossiers bleus 607, dossier 15 953; Pièces originales 2664; Cabinet d'Hozier 309, dossier 8472; Chérin 188, dossier 3703).

Au département des imprimés se trouvent les principales de ses oeuvres imprimées et les pamphlets dirigés contre lui en 1623.

Aux Archives nationales, l'étude XXIII renferme plusieurs actes dont un partage de 1602.

Il n'existe pas de biographie de Schomberg.

On se reportera utilement à : J. Bergin, L'ascension de Richelieu, Payot, 1993, 366 pages; R. Bonney, The king's debts. Finance and politics in France 1589-1661, Oxford, 1981, 344 pages.


Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances

Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances  présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.

 

Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1

Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc

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