Claude Bouthillier
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Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.
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Claude Bouthillier
Né en 1581 à ?
Mort le 13 mars 1652 à Pont-sur-Seine
Action Ministérielle
Les tâches n'ayant pas été réparties entre Bullion et lui, il est impossible de distinguer ce qui relève de l'un ou de l'autre. On trouvera donc dans la notice de Bullion la description de leur action ministérielle commune. Durant les deux années et demi où il reste seul, « comme il n'était pas aussi habile que son collègue », on lui adjoint Tubeuf, l'ancien commis de Bullion, pour l'aider dans sa tâche. La guerre devant toujours être financée et les ressources trouvées, rien n'est fondamentalement modifié dans la gestion des finances. En 1640, les dépenses s'élevaient à 92 250 000 livres; en 1641, elles se montent à 118 275 000 livres; en 1642, à 88 838 209 et en 1643 à 124 300 000. Les frais occasionnés par la cour étant stabilisés à environ 8 500 000 livres et ceux de la guerre à environ 33 000 000 livres, les comptants sont les dépenses les plus importantes : 51 497 999 livres en 1640, 75 492 096 en 1641, 40 000 000 en 1642, 64 132 918 en 1643. Pour répondre à cette demande, toutes les ressources sont mobilisées. Les recettes générales augmentent de manière considérable (27 802 000 livres en 1640; 38 600 000 en 1641; 20 528 220 en 1642; 53 350 000 en 1643) tout comme les revenus des fermes (15 700 000; 16 000 000; 20 000 000; 17 250 000), des parties casuelles (18 265 000; 18 133 251; 8 671 824; 9 500 000) et surtout les recettes extraordinaires qui ne connaissent pas le léger repli des précédentes en 1642 : 28 943 012 en 1640; 43 935 291 en 1641; 36 870 000 en 1642; 42 500 000 en 1643. Le nombre des traités et des prêts est en expansion : 89 et 141 en 1640; 137 et 146 en 1641; 65 et 111 en 1642; 89 et 236 en 1643. Leur remboursement nécessite des anticipations de recettes : en 1643, les revenus de 1644, 1645, 1646 sont entièrement consommés.
Poursuivant la politique entreprise par Bullion en matière monétaire, Bouthillier est à l'origine, en septembre 1641, de la création des écus d'argent qui copient la pièce espagnole de 8 réaux : à 9 au marc de 12 deniers, ils pèsent 27,19 grammes dont 26,05 d'argent pur.
L'après ministériat
La mort de Richelieu est fatale à sa carrière. Le roi ne le choisit pas pour remplacer le Cardinal mais le nomme, peu avant sa mort, pour faire partie du Conseil de régence. Mais Anne d'Autriche l'éloigne des affaires. Il démissionne de la surintendance en juin 1643. Il se retire à Pont-sur-Seine où il reçoit son fils écarté avec lui, en dépit de son retour aux affaires de septembre 1643 à septembre 1648. Il meurt le 13 mars 1652 et est enterré dans l'église du village.
Écrits
Claude Bouthillier n'a publié aucune oeuvre.
Sources et bibliographie
Le cabinet des titres du département des imprimés de la B.N.F. donne les informations généalogiques (Dossiers bleus 126; Pièces originales 479, dossier 10715; Nouveau d'Hozier 63). Il utilise les services de plusieurs notaires parisiens (études XXIII; XXIV. LXXIII. LXXXVI). Son contrat de mariage se trouve cependant chez Parque (XXIX-116, f°316, 29 août 1606) et le testament de sa femme dans les Dossiers bleus 126, f° 42, 30 juin 1660.
Il n'existe pas de biographie de Bouthillier. On se reportera donc à :
- O. Ranum, Les créatures de Richelieu, Pedone, 1966, 259 pages
- R. Bonney, The king's debts. Finance and politics in France, 1589-1661, Oxford, Clarendon Press, 1981, 344 pages.
Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.
Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1
Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc