Claude Barbin
|
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.
|
Claude Barbin
Comme on le verra, Claude Barbin n'a pas porté le titre de surintendant des finances, mais il a effectivement dirigé les finances en tant que contrôleur général des finances. C'est pourquoi il a paru souhaitable de le présenter ici.
Action ministérielle
Du 24 mai 1616 au 24 avril 1617, son action est liée au destin des Concini en butte à l'hostilité des Grands. Sa personnalité n'est pas contestée : « homme de grand bon sens et très judicieux, qui avait les mains très nettes et qui ne se prévenait point » Arnauld d'Andilly) ; « homme de bon sens, mains nettes et courageux » (Richelieu, un de ses amis) – mais sa promotion rapide lui est reprochée – « d'avoir été d'un seul coup pourvu de cette charge si importante du maniement de toutes les finances du roi sans l'avoir gagnée, comme avaient fait tous les autres par un long service » (Arnauld d'Andilly).
Son passage aux finances est trop court pour qu'il puisse modifier les habitudes prises. Il est toutefois responsable de l'application des prévisions budgétaires de l'année 1616, de l'établissement de celles de 1617 et du début de leur mise en oeuvre. En 1616, les dépenses dépassent de 10 000 000 livres celles de 1615 (34 350 000 - 24 572 901). En 1617, elles se situent au même niveau (34 350 000 - 34 370 000). Les revenus des parties casuelles (1615 : 2 180 000; 1616 : 10 725 000; 1617 : 6 060 000) et les deniers extraordinaires (1615 : 3 500 000; 1616 : 4 250 000; 1617 : 9 500 000) fournissent l'essentiel des excédents des dépenses.
Au sein du gouvernement, dont il est l'homme fort, il se montre toujours partisan de la plus grande fermeté vis-à-vis des Grands, souhaitant regagner par la guerre ce qui a été perdu à Loudun mais n'excluant pas les négociations personnelles quand elles sont possibles. Aussi est-ce tout naturellement qu'il disparaît après l'assassinat de Concini.
L'après ministériat
Réfugié dans les écuries de la reine, dans les quartiers de M. de Bressieux, il refuse de fuir. Il est alors assigné à résidence dans sa demeure où les gardes pillent sa vaisselle et son argent et où deux commissaires font l'inventaire de ses biens et papiers, les scellés étant mis sur ses affaires et ses archives. Le 28 avril, il est conduit à la prison du For l'évêque. Il est sollicité pour témoigner contre Léonora Galigaï mais s'y refuse. On l'autorise à écrire à la reine mère. Cette correspondance, surveillée par les espions de Luynes, le favori du roi, donne des armes politiques pour ouvrir un procès en lèse-majesté. En août 1618, il est banni à perpétuité du royaume et ses biens sont confisqués. On ignore ce qu'il advient de lui.
Sources et bibliographie
De nombreux pamphlets dirigés contre le maréchal d'Ancre et ses ministres sont parus durant cette période. Ils se trouvent à la Bibliothèque nationale de France sous les cotes Lb36-194 à Lb36-1154.
Le cabinet des titres du département des manuscrits de la B.N.F. donne quelques éléments sur Claude Barbin et sa famille : Dossiers bleus 57, dossier 1344; Pièces originales 191, dossiers 4129 et 4130; Carrés d'Hozier 58, en particulier les copies des contrats de mariage de Dreux Barbin, frère du contrôleur général, ( 27 novembre 1596) et de Mathias Barbin, son neveu, (30 mars 1639); Cabinet d'Hozier 26, dossier 594; Nouveau d'Hozier 24, dossier 495; Chérin 14, dossier 277.
Quelques minutes ont été repérées au Minutier central des notaires parisiens aux Archives nationales (Etude XII). Dans le même dépôt, la série U contient l'arrêt contre les sieurs de Persan et Bornonville, Barbin, La Ferté Lizi et Charlotte du Tillet (U 785, folio 176).
Il n'existe pas d'ouvrages sur Barbin. On peut toutefois se reporter utilement à : H. Duccini, Concini, grandeur et misère du favori de Marie de Médicis, Albin Michel, 1991, 461 pages; G. Mongrédien, Léonora Galigaï, un procès en sorcellerie sous Louis XIII, Hachette, 1968, 232 pages; F. Hayem, Le Maréchal d'Ancre et Léonora Galigaï, Plon, 1910, VI - 312 pages.
Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.
Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1
Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc