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XVIIe siècle - Page 14

Charles de la Porte


Date de création
10-02-2006
Date de mise à jour
10-02-2006
Source de l'info
IGPDE
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.

Charles de la Porte

Né en 1602 à Paris

Mort le 8 février 1664 à Paris

 

Action ministérielle

Trois séries de décisions doivent être rapidement prises : alléger les charges de l'État alors que les recettes escomptées pour 1648, 1649, 1650 sont déjà englouties par avance; ramener l'ordre au sein du Parlement et limiter les réformes qu'il envisage; endiguer la violence et le désordre d'où qu'ils viennent.

 

La banqueroute du 18 juillet

Elle est réalisée en deux temps. La Meilleraye fait d'abord réduire l'intérêt versé aux financiers de 15 à 10 puis à 5 %. Le 18 juillet, tous les prêts, traités, sous-traités et avances consentis par des particuliers pour l'année 1648 et les suivantes sont révoqués, le roi considérant qu'il ne peut assurer les dépenses de la guerre en les laissant subsister. Il est prévu de régler plus tard les intérêts des prêts annulés.

 

Limiter les réformes financières  envisagées par le Parlement

La chambre Saint-Louis travaille légalement depuis le 30 juin et propose des réformes financières. Particelli n'a rien tranché (suprême habileté) avant de partir. Charles de la Porte ne peut plus reculer. Deux séries de décisions sont prises très rapidement et confirmées trois mois plus tard. Le 12 juillet, celle de réunir une Chambre de justice contre les financiers dont le public et les officiers dénoncent l'enrichissement depuis des années est annoncée au Parlement. Le 31 juillet, reprenant un à un les édits adoptés par la chambre Saint-Louis, une déclaration fait savoir ce que le souverain est résolu à appliquer. Les édits du toisé et du domaine sont révoqués. Un grand nombre d'offices nouvellement créés sont supprimés. Les tailles sont diminuées d'un quart. Les officiers dont les gages ont été retranchés seront payés d'un quartier supplémentaire en 1648, d'un et demi en 1649 et de deux en 1650. Toutes les impositions sont maintenues sauf le vingt et unième sur le muid de vin à Paris. Les rachats des rentes et les remboursements d'offices sont suspendus jusqu'à la paix. Les exportations d'or et d'argent sont interdites. Aucune imposition ne peut être créée sans avoir été vérifiée par le Parlement qui prendra un édit sur la question. Un tarif des droits à prélever sera arrêté en Conseil et affiché. Les fermes seront adjugées selon l'ordre réglementaire. Les fonds destinés au versement des rentes seront garantis. Un règlement fixera le tarif du port des lettres. Le paiement des assignations est différé. Une assemblée des notables se réunira prochainement. L'union des cours souveraines est terminée.

En octobre 1648, de nouvelles discussions ont lieu entre le Conseil d'État réfugié, depuis le 13 septembre, avec la cour, à Saint-Germain et le Parlement qui, malgré la déclaration de juillet, n'en a pas moins continué à discuter, à faire des propositions, à dénoncer la corruption de l'administration financière et à faire des enquêtes sur un certain nombre de financiers. Une nouvelle déclaration en quinze articles, dont certains reprennent ceux qui ont déjà été acceptés, consacre le triomphe des vues parlementaires. Six s'ajoutent aux précédents : en 1649 et 1650, le revenu des tailles est diminué d'un cinquième (article 1); la taxe du pied fourché des entrées de Paris, les 58 sols par muid de vin, la subvention du vingtième, les droits de marque sur le papier et la bière, les trois deniers par minot de sel à Paris sont soit supprimés soit diminués et les cinq grosses fermes ne sont pas réappréciées (article 2); en 1649, trois quartiers de gages seront versés aux trésoriers et deux aux autres officiers, mais, en 1650, tous seront payés (article 4); les rentes sur le sel, le clergé et les aides seront diminuées de deux quartiers et demi et les autres de deux quartiers (article 5); le fonds des étapes est rétabli dans les recettes ordinaires (article 13); les comptants doivent être minorés et le Parlement d'autorité les limite à 3 000 000 livres (article 8).

Les idées qui triomphent sont donc celles d'un allègement fiscal, d'une croissance des charges de l'État et d'une réorganisation du système financier limitant les affaires extraordinaires et le recours aux financiers. Sur le fonds, la Meilleraye n'est pas d'accord. Les recettes étant amputées d'environ 24 000 000 livres par l'application des déclarations de juillet et d'octobre et aucun revenu n'étant attendu avant la fin du mois de mars 1649, le 9 décembre, il propose l'anticipation des tailles, offre 15% d'intérêts pour faire venir les prêts et 25% aux financiers qui accepteraient de monter des affaires extraordinaires. Il établit un fonds pour couvrir les intérêts des dettes royales. Un certain nombre de financiers reprennent alors confiance dans la monarchie et consentent à nouveau des avances, ainsi Thomas Bonneau qui envoie une voiture d'argent aux souverains partis à Saint-Germain dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649.

 

Endiguer la violence et le désordre

Parallèlement, La Meilleraye veut combattre le désordre et la violence. Lors des barricades parisiennes consécutives à l'arrestation de Broussel, il est chargé, le 26 juillet 1648, de ramener l'ordre et n'hésite pas à faire tirer sur la foule. Dans la nuit du 26 au 27, il intervient à l'hôtel de Luynes, chez la fille du chancelier Séguier où ce dernier s'est réfugié après une agression, alors qu'il se rendait au Parlement. De retour au Conseil, il est d'avis « de faire mourir Broussel ou de jeter sa tête au milieu des rues pour épouvanter la populace, mais le conseil trouva l'avis trop violent ». Il défend également l'idée « qu'il fallait faire une place d'armes dans l'île Notre-Dame et la border de canons pour tenir l'île du Palais ». Mais c'est dans le bois de Boulogne qu'il dispose un millier de cavaliers venus d'Étampes. Malgré tout, il aide, ainsi que les membres du Parlement et de l'Hôtel de ville, à ramener le calme, après le retour de Broussel. Après le départ de la cour pour Rueil et le siège de Paris, il fait lever 523 000 livres sur les officiers qui ont manifesté leur hostilité au gouvernement en restant dans la capitale (15 février 1649). Il est nommé par la reine pour négocier la paix de Rueil. Les négociateurs autorisent alors la couronne à signer des prêts à 8,33% en 1649 et 1650, ce qui est repoussé plus tard par le Parlement.

Considérant que la paix de Rueil est un rejet de sa politique, la Meilleraye démissionne le 14 avril 1649.

 

L'aprés ministériat

Dans l'immédiat, personne ne lui succède. Servient, de retour de Westphalie, refuse le poste qu'on lui offre en récompense. Les directeurs d'Aligre et Barillon ainsi que le secrétaire d'État à la guerre Le Tellier prennent les dispositions nécessaires et discutent notamment avec les financiers pour la signature des baux. Comme ils sont très réticents vue l'incertitude de la situation, et que le siège de Cambrai doit être financé, quatre nouveaux intendants de finance, au prix de 1 000 000 livres (pour les financiers Le Tillier, Bordier, Foullé et Bordeaux) et un secrétaire du Conseil (pour le financier Catelan) sont créés.

La Meilleraye n'en continue pas moins à servir le roi dans le domaine militaire. En 1650, il accompagne le roi et la Régente dans l'ouest insurgé. Après un violent assaut contre Bouillon dans les faubourgs de Bordeaux, les négociations commencent et le roi peut entrer dans la ville, le 5 octobre. En 1652, il commande l'armée d'Anjou et fait donner le canon contre Nantes. En 1654, à la mort de Gondi, Retz devient archevêque de Paris. La Meilleraye propose qu'on le confie à sa garde (il est emprisonné depuis la fin de la Fronde) mais il échappe à la surveillance royale avant qu'on ait pu prendre une décision. Il se consacre à la gestion de sa fortune et à sa famille : le mariage de son fils a lieu en 1661 et l'érection des terres de La Meilleraye en duché-pairie en 1663. Il meurt, le 8 février 1664, à Paris. Il est enterré dans l'église collégiale de Parthenay, son coeur restant à l'abbaye de Chelles dirigée par sa soeur.

 

Écrits

Charles de la Porte n'a publié aucun écrit.

 

Sources et bibliographie

Le cabinet des titres du département des manuscrits de la B.N.F. permet de saisir la généalogie des La Porte (Dossiers bleus 538, dossier 14 076 (21); Pièces originales 2344; Carrés d'Hozier 507; Cabinet d'Hozier 276, dossier 7462; Nouveau d'Hozier 272, dossier 6234). Une copie de son épitaphe se trouve dans le Fonds français 23 045, f° 216.

A Paris, nombre d'actes notariés figurent dans l'étude XIX du Minutier central des notaires parisiens qui semble être celle des La Porte.

Outre les ouvrages déjà cités sur le premier XVIIe siècle et la Fronde, J. Perret, Seigneurs et seigneuries en Gâtine poitevine, le duché de la Meilleraye, XVIIème-XVIIIème siècles, Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e série, Tome XIII, années 1974-1976, 1976, 269 pages a étudié la manière dont Charles de la Porte gérait ses biens poitevins.

Société historique et archéologique les amis des antiquités de Parthenay, Le château de la Meilleraye en Parthenay, 1961, 12 pages.


Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances

Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances  présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.

 

Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1

Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc

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