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XVIe siècle - Page 1

Jacques de Beaune


Creation Date
30-01-2006
Update time
10-02-2006
Source:
IGPDE
Extrait de la notice publiée dans le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.

Jacques de Beaune

 

Né vers 1455-1458 à Tours

Mort le 12 août 1527 sur le gibet de Montfaucon

 

 

 Accès à la surintendance

 

Jacques de Beaune est l'un des hommes-clés de l'administration financière centrale depuis le règne de Louis XII. Il n'est plus général des finances en titre depuis 1516 : il a résigné sa charge à son fils Guillaume. Mais il occupe une position essentielle, particulièrement à partir de 1516-1517. Ses fonctions et ses pouvoirs sont précisés par une commission du 27 janvier 1518 qui en fait l'ordonnateur suprême des finances monarchiques et parallèlement le responsable direct des finances particulières du roi. Ayant la « charge, connoissance et intendance du fait et maniement de toutes [les] finances, tant ordinaires qu'extraordinaires », on peut désormais le considérer comme un « surintendant » sans le titre.

Action ministérielle

 

Son accession aux plus hautes responsabilités coïncide d'abord avec une tentative de réorganisation financière (1517-1518) : établissement d'un état général des finances pluri-annuel, pour tenter de prévoir recettes et dépenses, extension de la gabelle dans l'Ouest de la France, réorganisation de la perception des fonds, en particulier pour la taille. Mais cet effort n'a guère de suite et la situation financière s'aggrave rapidement en raison des dépenses extérieures (campagne pour l'Empire en 1518-1519, camp du Drap d'or en 1520, guerre en 1521). Trois commissions pour apurer la situation des comptables et récupérer des fonds sont mises sur pied (en 1517, 1521 et 1523) sans beaucoup d'effet elles non plus. Rien ne permet de déterminer la part prise par Semblançay dans le lancement des rentes sur l'Hôtel de ville de Paris (1522). Depuis que la guerre est là, avec le groupe des officiers de finance ligériens (Ruzé, Poncher, Hurault) ou auvergnats (Bohier), Semblançay tente d'assurer des rentrées d'argent suffisantes par les armées du roi. Leur gestion est de plus en plus délicate dans les années 1522-1523 : le royaume s'enfonce dans la guerre et la défaite et le déficit se creuse. La création du trésor de l'Épargne (1523-1524), qui vise à mieux contrôler les fonds sous l'autorité du conseil du roi, est en partie dirigée contre Semblançay et les siens. Sa disgrâce définitive, difficile à dater précisément, semble se situer au début de 1524.

Après-ministériat

 

Semblançay se retire en Touraine. Une commission est alors mise sur pied pour examiner ses comptes. Elle rend en janvier 1525 un verdict qui lui est globalement favorable : Semblançay apparaît en effet comme un créancier du roi. Pendant près de deux ans, qui correspondent à la crise de Pavie, Semblançay est un peu oublié. Mais au début de 1527 il est arrêté à Paris sur ordre de François Ier. Jugé, cette fois-ci au criminel, pour des malversations financières dont les preuves sont plutôt maigres, voire douteuses, il est cependant condamné à mort pour concussion. Il est pendu le 12 août 1527 et ses biens sont confisqués.

 

Sources et bibliographie

- Alfred Spont, Semblançay (?-1527). La bourgeoisie financière au début du seizième siècle, Paris, 1895, 324 p.

 - Bernard Chevalier, Tours ville royale (1356-1520). Origine et développement d'une capitale à la fin du Moyen Age, Louvain et Paris, 1975, 634 p.

 


Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances.

Le Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances  présente sous forme de notices autobiographiques, illustrées de portraits et documents autographes, les prédécesseurs des ministres des finances d'aujourd'hui en évoquant leurs origines, leur formation, leur carrière et leur action ministérielle.

 

Françoise BAYARD, Joël FELIX, Philippe HAMON
216 pages (2000) - 38,11 ¤
ISBN 2.11.090091.1

Format 28,5 x 23 cm, illustrations en noir et blanc

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