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Les ministres des Finances de 1790 à 1848 - Page 5

Leroux-Delaville (René)


Date de création
20-07-2007
Date de mise à jour
25-09-2007
Source de l'info
IGPDE
René LEROULX-DELAVILLE

Né au Blanc (Indre) le 3 décembre 1743
Décédé à Rotterdam (République Batave, aujourd’hui Pays-Bas) le 12 août 1797

Ministre des Contributions et Revenus publics du 29 juillet au 10 août 1792.

René LEROULX-DELAVILLE

 

Né au Blanc (Indre) le 3 décembre 1743

Décédé à Rotterdam (République Batave, aujourd’hui Pays-Bas) le 12 août 1797

 

Ministre des Contributions et Revenus publics du 29 juillet au 10 août 1792.

___________________________________________________________________________

 

 Avant  le ministère  des  Finances

 

           LEROULX-DELAVILLE entra vers 1764, à vingt ans, dans « l’Administration » (sans précision, peut-être comme avocat au parlement (ce qui suppose la licence en droit) et ancien premier secrétaire de la première présidence du parlement de Toulouse.

A partir de 1775 au moins il résida à Paris. En 1782 il fut nommé directeur des salines du roi, fonction qui dépendait de l’administration des Fermes. A la veille de la Révolution, il figurait dans la liste des directeurs généraux de bureaux des Fermes : il était chargé de la correspondance des achats de tabacs, et à ce titre il était en rapports fréquents avec Gouverneur MORRIS, ministre plénipotentiaire des Etats-Unis d’Amérique à Paris, qui le mentionne dans son Journal.

 

Admis le 5 août 1789 dans la première assemblée de la Commune de Paris, il fut de nouveau nommé dans la deuxième assemblée le 18 septembre. Désigné comme administrateur au département de la Garde nationale (9 octobre 1789), il demanda à être nommé commissaire général de ce corps (26 février 1790) et fit partie des diverses commissions pour l’inventaire des maisons religieuses. Réélu le 4 octobre 1790 à la troisième assemblée de la Commune de Paris, il fut nommé administrateur au département des travaux publics (21 octobre 1790) et en fut un membre très actif. Accusé d’être l’auteur d’un article du Père Duchêne contre l’Assemblée nationale, il protesta le 5 mai 1791 par une dénégation formelle, signant sa lettre « René LEROULX de LA VILLE, officier municipal, administrateur du département des travaux publics, et frère de Joseph LE ROULX, député à l’Assemblée nationale. » Dans la séance du 6 mai, l’Assemblée municipale le mit hors de cause dans cette affaire. Il fut signataire de l’Invitation aux artistes pour la construction de deux ponts, l’un entre le quartier Saint-Antoine et le quartier Saint-Marcel, l’autre vers le Champ de Mars (19 juillet 1791), du rapport sur l’aménagement du cours de la Seine dans la traversée de Paris et du rapport sur l’aménagement d’un réseau d’eau potable à Paris (10 septembre 1791).

 

L’action ministérielle

 

Par ses origines nantaises, par ses relations avec les milieux d’affaires de la Compagnie des Indes à Lorient et de la Ferme Générale pour les achats de tabac, LEROULX-DELAVILLE avait un profil rappelant celui d’HERVE de BEAULIEU, et comme TARBE ou VALDEC de LESSART,  il devait figurer dans la mouvance neckérienne. Michel BRUGUIERE a même vu dans son élévation, à la veille de la chute du trône, le symbole du retour à la politique économique et financière traditionnelle des BOURBONS, fondée sur le privilège (Compagnie des Indes), les fermes d’impôts, l’alliance espagnole (circuit de l’argent), suédoise (approvisionnement en cuivre) et récemment américaine (sucre et tabac). Bref après CLAVIERE, symbole d’une politique de rapprochement avec l’Angleterre, le roi revenait à la « vieille France ».

 

Cependant, sitôt nommé le 29 juillet 1792, le nouveau ministre écrivit à l’Assemblée nationale pour l’assurer de ses convictions patriotiques et révolutionnaires : « Monsieur le président, Le roi m’a appelé au ministère des contributions publiques. A mon âge, après une carrière infiniment laborieuse, après avoir joui depuis le commencement de la révolution de la confiance du peuple, je n’avais plus à désirer que le repos : j’ai accepté le choix que sa majesté a bien voulu faire de moi, parce que je ne sais pas hésiter à servir la chose publique. J’offre à l’assemblée nationale l’assurance d’un zèle sans bornes, et qui puisse me mériter sa confiance. »

 

Ministre pendant douze jours seulement, LEROULX-DELAVILLE n’eut guère le temps d’exercer une action particulière. Tout au plus le premier commis LEGRAND lui fit-il signer, le 8 août 1792, une mercuriale à l’adresse des contribuables et administrateurs en retard. Le 10 août, il fut au nombre des ministres qui accompagnèrent Louis XVI à l’Assemblée, et la tradition familiale, transmise dans sa descendance, rapporte qu’au cours de l’interminable séance pendant laquelle la famille royale resta recluse dans la loge du logographe, LEROULX-DELAVILLE aurait pris le dauphin sur ses genoux. A la suite de la déchéance du roi, CLAVIERE fut rappelé au ministère des Contributions et LEROULX-DELAVILLE s’éclipsa.

 

L’après-ministèriat

Il se fit oublier après le 10 août et parvint même à se faire recaser comme directeur des bâtiments et constructions. En 1795, il obtint des thermidoriens, après les traités de Bâle, d’être envoyé à Rotterdam comme « vice-commissaire pour la marine et le commerce de France », c’est-à-dire vice-consul de France. Cette nomination est à mettre en relation avec la politique « batave » de la Convention et du Directoire : la mission dont fut chargé LEROULX-DELAVILLE dépassa probablement les limites de la simple défense des intérêts commerciaux des Français dans le grand port néerlandais. Cette nomination est à comparer avec celle de FAIPOULT à Gênes, mais FAIPOULT fut envoyé comme ministre plénipotentiaire, et non comme vice-consul [voir les notices de FAIPOULT, IV et de RAMEL, IV]. C’est à Rotterdam que LEROULX-DELAVILLE décéda le 12 août 1797. Cependant cette nomination à cet emploi souligna l’amoindrissement de la fonction de « ministre des Contributions ».

 

Écrits

René LEROULX-DELAVILLE n’a rien publié.

 

Sources et bibliographie

COUGNY,  II  314

 

Gaëtan d’AVIAU de TERNAY, Notice généalogique de la famille LEROULX-DELAVILLE, Héraldique et Généalogie, vol. 9, 1977.

Marie-Juliette BALLOT, Une élève de David, La comtesse Benoist, 1768-1826, 1914.

Dictionnaire des Constituants, I  273, art. DELAVILLE-LEROULX [frère du ministre].

 

Archives Nationales, Minutier central des notaires de Paris

 

XXXII [minute en déficit], 11 avril 1767, Sommations respectueuses de Marie-Marguerite LOMBARD à sa mère, la veuve LOMBARD.

XXXII [minute en déficit], 9 mai 1767, Contrat de mariage de René LEROULX-DELAVILLE et de Marie-Marguerite LOMBARD.

XIII-493, 7 Vendémiaire an IV (29 septembre 1795), Partage de la succession LEROULX-DELAVILLE [parents du ministre].

XIII-504, 23 Germinal an VI (12 avril 1798), Mainlevée par Marguerite FRANCOIS à Marie-Marguerite LOMBARD.

XIII-508, 13 Messidor an VII (1er juillet 1799), idem.

XXX-577, 30 Germinal an XI (20 avril 1803), Inventaire après le décès de Joseph LEROULX-DELAVILLE [frère du ministre].

XVI-971, 20 février 1808, contrat de mariage de Godefroy-Barthélémy-Ange COUTANCEAU et d’Henriette-Jeanne-Renée LEROULX-DELAVILLE [fille du ministre].

LIII-819, 23 octobre 1816, Inventaire après le décès de la veuve de René LEROULX-DELAVILLE.

LIII-822bis, 18 avril 1817, Partage de la succession de la veuve de René LEROULX-DELAVILLE.

CVIII-1019, 22 novembre 1826, Inventaire après le décès de Mme BENOIST [fille du ministre].

 

Bibliothèque Nationale, Département des manuscrits

 

FM²  111, Loge Saint-Pierre des Vrais Frères.


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Extrait d'une notice publiée dans l'ouvrage :

Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire. Dictionnaire biographique - 1790-1814

 Tome I

Guy Antonetti

376 p. 40 ¤

2007

ISBN 978-2-11-094805-2

Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu’à la fin du Second Empire. Illustrées pour la plupart d’un portrait, enrichies par le dépouillement d’archives jusqu’alors inexploitées, telles que les archives notariales, elles détaillent les précisions recueillies sur la proche famille de chaque ministre, sur son éducation, sur l’histoire de sa fortune familiale et personnelle, et enfin sur sa carrière et sur son rôle dans la gestion supérieure des finances. Toute l’histoire financière de la France à cette époque est évoquée à travers les parcours individuels de chacun de ces ministres.

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