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Les ministres des Finances de 1790 à 1848 - Page 29

Gautier (Jean-Elie)


Date de création
14-08-2007
Date de mise à jour
27-09-2007
Source de l'info
IGPDE
Jean-Élie GAUTIER

Né à Bordeaux (Gironde) le 6 octobre 1781
Décédé à Paris (IIe arrondissement ancien) le 30 janvier 1858

Ministre des Finances du 31 mars au 12 mai 1839

Jean-Élie GAUTIER

 

Né à Bordeaux (Gironde) le 6 octobre 1781

Décédé à Paris (IIe arrondissement ancien) le 30 janvier 1858

 

Ministre des Finances du 31 mars au 12 mai 1839

 

 

L’action ministèrielle

À la fin de ses études secondaires, Jean-Élie GAUTIER entra dans la maison de commerce de son père. Membre du Conseil général du département de la Gironde de 1824 à 1829, puis de 1831 à 1833, et de 1839 à 1847. Élu député de Bordeaux le 25 février 1824, il siégea dans la majorité ministérielle. Il prit part aux débats sur les questions financières et économiques, et il fut plusieurs fois rapporteur du budget. Réélu le 17 novembre 1827, ayant pris position contre la loi sur la presse, qui avait été qualifiée de « loi de justice et d’amour » du côté ministériel et de « loi vandale » du côté de l’opposition, il figura désormais dans l’opposition libérale. Il fut réélu député en juin 1830 mais battu en juillet 1831. De 1830 à 1832, il fut porté à la présidence du tribunal de commerce de Bordeaux, et de 1831 à 1833 à la présidence de la Chambre de commerce. Louis-Philippe le nomma pair de France le 11 octobre 1832 : il se fit remarquer au Palais du Luxembourg par sa compétence en matière financière et commerciale. Membre du Conseil supérieur du Commerce et de l’Industrie (1832), il fut nommé en 1833 sous-gouverneur de la Banque de France, HUMANN étant ministre des Finances et BARBÉ-MARBOIS gouverneur de la Banque de France. En 1834 d’ARGOUT succéda à BARBÉ-MARBOIS et resta à ce poste presque jusqu’à sa mort, survenue le 15 janvier 1858. Quant à GAUTIER, il resta sous-gouverneur jusqu’à sa mort même, survenus le 30 janvier 1858 : les deux hommes dirigèrent donc la Banque de France pendant plus de vingt ans, et moururent à quinze jours d’intervalle.

 

Au début de 1839, à la suite des élections qui amenèrent la démission du second cabinet MOLÉ, Louis-Philippe ne parvint pas à constituer un ministère susceptible d’obtenir la confiance d’une majorité parlementaire. À la veille de l’ouverture de la session parlementaire, il se résigna donc à constituer un ministère de techniciens, en attendant la solution définitive de cette crise politique. C’est ainsi que le 31 mars 1839 le roi constitua un ministère sans président du Conseil, dans lequel GAUTIER était ministre des Finances : tous les ministres nommés avaient accepté « sous la condition expresse de cesser leurs fonctions aussitôt qu’un ministère définitif serait formé. »

 

Appelé au ministère comme technicien des Finances, GAUTIER ne prit que des initiatives limitées, concevant son rôle comme celui d’un intérimaire temporaire, expédiant les affaires courantes en attendant l’arrivée prochaine de son successeur. Il reprit les projets de lois budgétaires que LACAVE-LAPLAGNE avait préparés et déposés en janvier 1839. Le 22 avril il déposa donc à la Chambre des députés les trois projets laissés en suspens : celui du règlement du budget de 1836, celui de l’homologation des crédits supplémentaires et extraordinaires de 1838, et enfin celui du budget de 1840.

 

Au premier il ajouta un article, réclamé par la Cour des Comptes qui s’était plaint de ce que toutes dépenses coloniales n’étaient pas soumises à son contrôle. Les deux Chambres votèrent le projet sans difficulté. Il en alla de même pour les crédits supplémentaires (7 millions) et extraordinaires (4 millions ½), demandés par LACAVE-LAPLAGNE en janvier, mais auxquels il fallut ajouter encore 3 millions. D’autre part, le 8 mai 1839 GAUTIER déposa un projet de loi tendant à ouvrir un crédit complémentaire de 12 millions, à prendre sur le fonds extraordinaire des travaux publics et destiné à l’achèvement du réseau de canaux. En effet les lois de 1821 et 1822 avaient affecté à cet objet une somme de 128 millions. Celle-ci s’était révélée insuffisante, et il avait été successivement alloué d’abord 44 millions sur les fonds de l’État, puis 44 millions par la loi des travaux publics de 1833, et enfin 6 millions ½ par la loi du 27 juin 1837. Néanmoins, sur les treize canaux prévus, huit seulement étaient entièrement finis, et cinq étaient inachevés.

 

Quant au budget de 1840, GAUTIER se borna à présenter de nouveau, devant la Chambre nouvellement élue, le projet de LACAVE-LAPLAGNE. Cependant il déclara que certaines dispositions devaient être modifiées, mais que dans la situation provisoire qu’il occupait, il n’avait pas la qualité pour en prendre l’initiative, et qu’il laissait donc ce soin à son successeur. Ce fut donc Hippolyte PASSY à qui revint ce rôle. En effet, après un mois et demi de vaines palabres en vue de la formation laborieuse d’un ministère, l’émeute républicaine du 12 mai 1839 détermina le maréchal SOULT à répondre immédiatement à l’appel du roi. Le jour même il forma sous sa présidence un ministère dans lequel PASSY était ministre des Finances.

L’après-ministèriat

Jusqu’à la Révolution de 1848, GAUTIER occupa ses fonctions de pair de France, de sous-gouverneur de la Banque de France, de président de la Commission des invalides de la Marine et de membre du Conseil supérieur du Commerce et de l’Industrie. La Révolution de 1848 le priva de toutes ces fonctions, hormis celle de sous-gouverneur de la Banque de France. Il se tint à l’écart du pouvoir politique sous la Seconde République, mais il publia en 1851 un manifeste qui le situait clairement dans le « parti de l’ordre ». Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il fut appelé, dès le 26 janvier 1852, au Sénat de la République présidentielle qui devint le Second Empire le 2 décembre 1852.

Écrits

Jean-Élie GAUTIER a publié en 1839 « Des banques et institutions de crédit en Amérique et en Europe », puis en 1851 « De l’ordre, des causes qui le troublent et des moyens de le rétablir ».

Sources

Archives nationales, Minutier central des notaires de Paris.

XCIII-671, 26 mai 1858, Liquidation de la succession de Jean-Élie GAUTIER.

Archives de Paris.

DQ7 10223, 17 mai 1858, N° 293, Déclaration de la succession de Jean-Élie GAUTIER.

Archives municipales de Bordeaux.

3E 138, N° 793, Acte de décès de Jean-Élie GAUTIER père, décédé le 19 juin 1828.  

GG 870, N° 35, Déclaration à Bordeaux le 1er mai 1789 du mariage de Jean-Élie GAUTIER et de Marie-Émilie LAFFON, contracté à Paris le 19 janvier 1781.

 

 


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Extrait d'une notice publiée dans l'ouvrage :

Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire. Dictionnaire biographique - 1814-1848

Tome II

Guy Antonetti

624 p. 40 ¤

2007

ISBN 978-2-11-094807-6

 

Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu’à la fin du Second Empire. Illustrées pour la plupart d’un portrait, enrichies par le dépouillement d’archives jusqu’alors inexploitées, telles que les archives notariales, elles détaillent les précisions recueillies sur la proche famille de chaque ministre, sur son éducation, sur l’histoire de sa fortune familiale et personnelle, et enfin sur sa carrière et sur son rôle dans la gestion supérieure des finances. Toute l’histoire financière de la France à cette époque est évoquée à travers les parcours individuels de chacun de ces ministres.

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