République française - Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi - Ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique
Institut de la Gestion Publique et du Développement Economique
English | Deutsch



Recherche avancée


Accès réservé
En vous identifiant ici, vous accédez à vos espaces privés :




J'ai oublié mon mot de passe !


Logo Service Public
Le concours Mémoire des Impôts - Page 5

Hommes et femmes des Impôts : une anthologie


Date de création
15-11-2004
Date de mise à jour
29-03-2005
Source de l'info
IGPDE
Ces récits retracent l'évolution des services fiscaux de 1920 à 1990 et dépeignent avec originalité la vie quotidienne des hommes et femmes des Impôts. Les témoignages présentés sont des extraits commentés, replacés dans leur contexte historique, des textes recueillis à l'occasion du concours autobiographique Mémoire des Impôts; ils permettent de découvrir la grande variété des métiers, souvent méconnus, exercés au sein de l'administration fiscale.
Dans le premier volume, Les premiers pas, les auteurs parlent de leur enfance dans l'entre-deux-guerres ou pendant la Seconde Guerre mondiale, puis de leur entrée dans l'Enregistrement, les Contributions directes ou les Contributions indirectes. Ils décrivent leur formation et leurs débuts de carrière.
Dans le second volume, Des régies financières à la direction générale des Impôts, les fonctionnaires des Impôts se trouvent confrontés à une réforme administrative d'une grande ampleur: la fusion des trois anciennes régies financières et la création de la DGI (1948). Les auteurs racontent comment, changeant d'administration, ils vivent cette profonde mutation. Ils évoquent aussi les relations entre collègues, avec les contribuables, et l'apparition de l'informatique. Certains parlent de leur engagement syndical ou mutualiste et de leur participation aux mouvements sociaux.

Les auteurs du concours

 

Quel est le portrait du « participant type» au concours autobiographique ? C’est un homme, ancien cadre A, d’environ 70 ans, inspecteur central à la retraite, issu, plutôt, des Contributions directes ou de l’Enregistrement. Il a effectué l’essentiel de sa carrière dans des services dits de gestion, puis a été  "vérificateur" (il a fait du contrôle fiscal externe) avant de terminer sa carrière comme chef de centre ou receveur principal.

Les auteurs sont donc majoritairement des hommes. La féminisation des services fiscaux demeure un phénomène relativement récent (47% des agents en 1966, 64% en 2002). Plusieurs témoignages féminins ont été reçus (10%). Ce sont, majoritairement, ceux d’anciennes auxiliaires ou d’agents de catégorie C ou B.

 

Enfin, les auteurs sont majoritairement des cadres A (85% des manuscrits dont 32% appartiennent à la catégorie des employés supérieurs). L’administration fiscale apparaît alors comme une administration dans laquelle les agents de cette catégorie occupent une place prépondérante (avant-guerre, le cadre A pouvait représenter plus de 50% des effectifs dans chacune des anciennes régies ; ils représentaient 46% de l’ensemble des personnels en 1948, et sont 24,5% en 2002).

 

Le personnage central du concours est donc l’agent de catégorie A, contrôleur (ancien terme pour inspecteur) ou inspecteur (à partir de 1947), appartenant aux anciennes régies puis à la DGI. Ces dernières, dont il est l’élément moteur, reposent essentiellement sur lui pour accomplir la majeure partie de leurs tâches. Si le cadre B s’affirme peu à peu, c’est dans la mesure où lui sont progressivement confiées des missions incombant jusqu’alors au cadre A (d’où le changement d’appellation, commencé dans les Directes en 1939, par lequel les contrôleurs deviennent des inspecteurs et les commis, agents B, des contrôleurs).

 

 

 

Diplômes et carrière

 

Entrés dans l’administration fiscale sans vocation particulière, par nécessité alimentaire et un peu aussi par hasard, selon leurs dires, les auteurs ont pour tout diplôme (ce sont donc essentiellement des A) le baccalauréat ou la licence (Enregistrement), une licence qui devient obligatoire pour être titularisé comme inspecteur à partir de la création de l’ENI (1951).

 

Ils sont globalement satisfaits de leur carrière au sein de l’administration fiscale qui a su, disent-ils, reconnaître leurs mérites et leur a permis de s’élever dans l’échelle sociale. Ce type de discours, qui est surtout celui des employés supérieurs, est également largement partagé par les anciens auxiliaires ou commis qui, par promotion interne, sont parvenus à accéder aux emplois de la catégorie A.

 

 

Des régies financières à la DGI

 

Quelle administration fiscale les auteurs du concours autobiographique ont-ils connue ? Il n’existait pas, en effet, une administration, mais des administrations fiscales, des régies, lorsqu’ils commencèrent leur carrière.

 

Fondées sous le Consulat et l’Empire, héritières des fermier généraux (contributions indirectes, droits d’enregistrement) et de l’administration royale (impôts directs) - pour les impôts directs, c’est le système de la régie, l’impôt est levé par l’Etat ; pour les impôts indirects, c’est le système de la ferme -, les trois régies financières à l’origine de la DGI actuelle (Contributions directes ; Enregistrement, Domaine et Timbre ; Contributions indirectes), bien distinctes, possédaient toutes traditions et savoir-faire propres, leur esprit de corps, une organisation et un système de recrutement spécifiques. Les agents de ces régies n’avaient que des relations épisodiques entre eux, lorsqu’ils ne s’ignoraient pas.

 

Il existait, dans chaque régie,  de nombreux préjugés vis à vis des agents de la régie voisine :

 

-         On dit de l’Enregistrement que « c’est la crème des administrations, autrefois, seuls les fils d’Archevêques pouvaient y entrer ».

 

-         Les Contributions directes sont l’administration qui « parmi les trois régies a le plus la faveur du public, sans doute parce que ses agents ont le plus de contacts avec la population. C’est elle qui établit les bases des taxes foncières et mobilières, de l’impôt sur les portes et fenêtres ( « l’impôt sur l’air et la lumière »; jusqu'en 1926), ainsi que de la patente : les « quatre vieilles ». L’impôt sur le revenu touche davantage de contribuables. Le contrôleur des CD est un Monsieur bien habillé qui vient chaque année faire une tournée en commune pour recenser les contribuables et… les chiens ».

 

-         Quant aux Contributions indirectes, les agents de l’Enregistrement, et des CD, les considèrent avec un certain dédain, sinon un dédain certain ; les tenants de cette administration sont « assimilés à des rats de cave, proliférant dans les relents d’absinthe, d’alcool ou de tabac. Mais elle est dynamique, ses entrées fiscales sont importantes, l’avancement y est rapide, l’ambiance y paraît plus libérale et moins compassée ».

 

 « L’Enregistrement, c’est le clergé, les CD, la noblesse, les CI, le tiers-état (mais le tiers-état gagne toujours disait-on dans les CI) ».

 

N’oublions pas, non plus, l’ancienne administration des Contributions diverses, qui n’existait qu’en Afrique du nord et qui s’est fondue dans les Contributions indirectes, puis dans la DGI, après l’indépendance de l’Algérie. Les Contributions diverses avaient des attributions propres aux Contributions indirectes : recouvrement des impôts indirects, auxquelles s’ajoutaient des attributions propres à la Comptabilité publique : recouvrement des impôts directs, paiement de toutes les dépenses publiques. C’était, déjà, le comptable unique.

 

On comprend dans ces conditions que la création de la DGI (décret du 16 avril 1948) par la fusion de ces trois régies ne se fit pas sans heurts. Elle fut vécue, pour reprendre l’expression consacrée en la matière de Dominique de La Martinière comme « un véritable tremblement de terre ».

 

 

La fusion des régies et la création de la DGI

 

Ce séisme était rendu nécessaire par l’évolution du système fiscal qui passe d’un système analytique, d’impôts indiciaires, à un système d’impôts synthétiques, caractérisé par la création d’impôts déclaratifs (impôt sur le revenu : 1914 et 1917, taxe sur le chiffre d’affaires, 1920, « le plus formidable de nos impôts, la bête de somme de nos budgets »), au lendemain de la Première Guerre mondiale, dont les produits sont importants.

 

L’administration fiscale, chargée jusque là d’asseoir l’impôt, dut aussi le contrôler, puisqu’il devenait déclaratif, pour améliorer son rendement et procéder à une réorganisation indispensable à la réalisation de ce nouvel objectif dans un souci de productivité.

 

La fusion des régies est très présente dans les écrits recueillis, elle en est le thème principal. On comprend, en lisant les auteurs du concours autobiographique, comment s’opère le lent passage d’une administration particulière (CD, E, CI), aux contours nettement définis, à une entité plus vaste dans laquelle ils durent trouver leur place.

 

Effectivement, en dehors de la première tentative de fusion CD/E (1926-1931), évoquée aussi dans les écrits du concours, la DGI se construit peu à peu de 1948 à 1970, avec une brusque accélération en 1969. Les auteurs rendent compte de cette évolution avec tout ce que cela implique pour eux : changements dans les habitudes de travail, formation aux nouvelles missions, réadaptations nécessaires, création de nouveaux grades, nouvelles perspectives de carrière, etc.

Et encore, ce processus reste-t-il partiellement inachevé. De fait, après 1970, la DGI continue une œuvre de restructuration. Toujours en mouvement, elle doit constamment suivre l’évolution d’un tissu fiscal de plus en plus complexe et mouvant.

 

L’image du séisme évoque une instabilité, qui la caractérise et qui semble être attestée par les restructurations en série et les mutations sociologiques qui la traversent. Depuis 1948, la DGI est soumise à une série continuelle de transformations en profondeur. Il est ainsi prévu, actuellement, de rapprocher les CDI des recettes. En 2004, le recouvrement de l’impôt sur les sociétés et de la taxe sur les salaires a été transféré de la DGCP au réseau comptable de la DGI.

 

 

 

 

Plan de l'ouvrage Hommes et femmes des Impôts

 

Tome I

 

Les témoignages présentés dans ce tome, qui s'intitule Les premiers pas, se rapportent à une période s'étendant des années vingt aux années cinquante. Ce sont d'abord des souvenirs d'enfance, souvenirs d'un temps passé, l'entre-deux-guerres, d'une époque à laquelle les futurs fonctionnaires des Impôts n'envisageaient pas encore de devenir receveurs de l'Enregistrement, contrôleurs des Directes ou des Indirectes. C'est ensuite le choix d'un métier, l'entrée, pour des motifs divers, dans une des trois régies financières où les auteurs, après avoir suivi la formation nécessaire dans les écoles - de Lyon (Enregistrement), de Bordeaux (Contributions directes), de Reims (Contributions indirectes), à l'Ecole nationale des Impôts ( à partir de 1951) - font leur premiers pas, découvrant le "répertoire", partant en "tournée des mutations", "exerçant les assujettis". Puis une carrière commence chez "les fils d'archevêques" (l'Enregistrement), "en relation avec les notaires", ou bien dans la "Noblesse" (les Contributions directes), pour côtoyer les édiles et imposer les revenus des contribuables, ou parmi "le Tiers Etat" (les Contributions indirectes), afin de taxer la circulation et la consommation de certaines denrées. L'administration fiscale évoquée par les auteurs est celle qui existait avant la direction générale des Impôts, quand le regroupement au sein d'une seule et même administration de tous les travaux, très variés, effectués par les agents des régies, pouvait sembler improbable.  

 

 

 Chapitre Premier.  Enfance : d’une guerre à l’autre

 

Les auteurs ont passé leur enfance entre la Première Guerre mondiale et la Seconde.

Commencé en 1914, ce chapitre s’achève en 1945 à la Libération.

Thèmes abordés : vie quotidienne pendant la guerre de 14, dans l’entre-deux-guerres, pendant la dernière guerre ; scolarité ; vacances ; famille ; milieu social et éducation.

 

 

 Chapitre II.  Entrer dans les administrations fiscales 

 

Les témoignages présentés dans ce chapitre portent sur les années 20 aux années 50.

On n’entre pas dans l’administration fiscale par vocation. Sont évoquées la « plate nécessité alimentaire », les circonstances, la sécurité de l’emploi. L’Enregistrement est l’administration la plus prisée ( « c’est la crème des administrations » ), viennent ensuite les Contributions directes ( « l’impôt sur le revenu touche davantage de contribuables » ), les Contributions indirectes ( « parent pauvre des deux autres administrations » mais « aux rentrées fiscales importantes » ).

 

 

 Chapitre III.  Scolarité, stages : la formation (1923-1960)

 

Scolarité dans les écoles professionnelles des anciennes régies puis, à partir de 1951, à l’ENI.

Stages dans les services avant de commencer la scolarité (dans les CI), pendant ou à l’issue de la scolarité.

Travail pendant la scolarité.

Description des enseignements ; portraits d’enseignants, de collègues.

 

 

 Chapitre IV.  Premier poste : débuts de carrière (1921-1966)

 

Après une formation théorique et pratique, les auteurs font leur « premiers pas dans la carrière », en « première ligne ».

Affectations ; descriptions des bureaux et des conditions de travail ; relations avec les collègues plus anciens ; premiers contribuables ; premiers travaux : très spécifiques selon les régies auxquelles appartiennent les auteurs (CD, CI, Enr.) ; charges de travail ; organisation du travail.

 

 

 

 

Tome II

 

Ce tome a pour titre Des régies financières à la direction générale des Impôts.

Entre 1968 et 1970, les trois régies financières, qui ont plus de cent cinquante ans d'existence, laissent définitivement la place à la direction générale des Impôts. Des dizaines de milliers d'agents doivent alors s'adapter à cette profonde mutation. Entraînés dans une grande entreprise de rénovation administrative, qui n'avait jusque-là progressée que par de légères retouches, ils surmontent quotidiennement les difficultés de tous ordres dont les extraits rassemblés dans ce tome fournissent quelques exemples (apprentissage de métiers et de techniques fiscales particuliers, apparition progressive de l'informatique dans les services).

Dès sa création, en 1948, la DGI renforce en particulier sa mission de contrôle fiscal. Ses personnels se voient accorder à l'occasion de la fusion des régies un certain nombre de contreparties: les formations en cours de carrière se multiplient et la création de nouveaux grades permet le développement des promotions internes. Enfin, la "démarche de changement", engagée en 1990 à la suite du conflit social de 1989, s'inscrit dans ce processus de modernisation d'une administration fiscale en constante évolution qui se veut au service des usagers contribuables. 

 

 

Chapitre V.  Les Régies : avant la création de la DGI (1927-1960)

 

  • Trois régies :

- comment sont perçues les particularités de chacune des trois anciennes régies ;

- les relations des régies entre elles.

 

  • L’Enregistrement et le service du Domaine :

- la régie de l’Enregistrement ;

- les services de l’Enregistrement ;

- le Domaine.

 

  • Les Contributions directes et le Cadastre : 

 - la « tournée annuelle des mutations » ;

- le service des rôles ;

- les services de direction et les contrôles ;

- le Cadastre.

  • Les Contributions indirectes :

- les services ;

- le service de la Garantie.

  • Afrique du nord et outre-mer :

-Afrique du nord :

-Contributions diverses ;

-Contributions indirectes ;

-Contributions directes ;

-Enregistrement ;

-Coopération (après l’indépendance de l’Algérie)

 

-Outre-mer (Afrique noire, Antilles) :

 services des CI et CD.

 

  • Services centraux.

 

 

Chapitre VI.  La fusion des régies et la création de la DGI (1926-1987)

  

  • Services centraux :

- la fusion dans les services centraux ;

- la préparation de l’installation des centres des Impôts et des recettes fusionnées E/CI

.

  • Services extérieurs :

- directions régionales, départementales, inspections « mixtes » (CD/E) ;

- IFAC (centres des Impôts : CD/E/CI) ;

- la réforme du réseau comptable.

 

 

Chapitre VII.  Le contrôle de l'impôt (1942-1980)

 

  • Le métier de « vérificateur » :

- confiscation des profits illicites ;

- contrôle unique, bivalence, polyvalence :

- évolution vers le contrôle polyvalent ;

- relations avec les contribuables vérifiés 

 

  • Les oppositions aux contrôles fiscaux: Poujadisme, Cid-unati.

 

Chapitre VIII.  La carrière: les fonctions, les grades (1952-1990)

 

  • Le chef de centre.
  • Le receveur principal
  • L'inspecteur principal
  • Le directeur divisionnaire
  • Le directeur départemental
  • Le chef des Services fiscaux
  • Le directeur régional
  • Emplois de débouchés:  

 - Le conservateur des Hypothèques;

 - Le receveur divisionnaire

 

Chapitre IX.  Les services au quotidien (1930-1980)

 

  • Entre collègues: portraits de collègues
  • Face aux contribuables: portraits de contribuables
  • Les réformes de la fiscalité: les agents du fisc et les réformes fiscales
  • Informatique: de la mécanographie à l'informatique
  • Les grandes grèves:

- Mai 1968

- 1989

  • Syndicat et mutuelle

 

 

 

 

 

.

 

Haut de page
© Ministère de l’Économie, de l'Industrie et de l’Emploi - Ministère du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat - IGPDE

Dernières parutions

 

visuel ouvr 1

Colloque des 10 et 11 mai 2007

 

Visuel ouvrage 2

Colloque des 15 et 16 mars 2007