Les félicitations du jury
|
Les félicitations du jury ont été attribuées à Pierre Gratianne pour son récit "A on que sias plantat" et à Paul Vallès pour "De Boufarik à Châlon-sur-Saône, itinéraire d'un pied-noir".
|
Pierre GRATIANNE
"A ON QUE SIAS PLANTAT" ("Où que tu sois planté")
Ce titre est emprunté à un proverbe occitan du Béarn que l'auteur cite dans ses mémoires : " Escota plan mainat, a on que sias plantat, frut dar que deveràs" ( "Ecoute bien petit, où que tu sois planté, tu devras donner du fruit"). "Plantat" à la DGI où il est entré après avoir passé le concours de contrôleur en 1945, Pierre Gratianne, Béarnais de naissance, y a fait une belle carrière: affecté tout d'abord dans la Somme, en 1946, puis en région parisienne, il part ensuite en Haute-Volta et reste en Afrique jusqu'en 1956, son dernier poste étant en Côte d'Ivoire; "vérificateur" à Paris, il est un peu plus tard rédacteur à la 1ère division des Contributions directes de la Seine, inspecteur principal nommé à l'ENI puis à la direction des Enquêtes et recherches de la région parisienne (DERRP), devient directeur divisionnaire, directeur-assistant à la direction de de Paris-Ouest, à la direction des Vérifications nationales, directeur des Services fiscaux à la direction nationale d'Enquêtes fiscales (DNEF), directeur régional à Toulouse, conservateur des Hypothèques à Grasse (Alpes maritimes).
L'autobiographie de Pierre Gratianne est très vivante et émouvante. L'auteur évoque remarquablement son enfance avec de belles descriptions de la nature pyrénéenne, et en dépeignant les rythmes de vie à la campagne. Son récit présente un réel intérêt historique et sociologique lorsqu'est reconstituée l'ambiance des années 1940: la guerre d'Espagne, l'Armistice, la Résistance, la Libération.
Ses mémoires fourmillent d'anecdotes originales, telle la narration de son séjour en Afrique, d'une chasse à l'éléphant mémorable...
Mais le témoignage de Pierre Gratianne est aussi riche pour l'histoire de la DGI dont il décrit avec justesse l'évolution, insistant surtout sur le contrôle fiscal, une tâche qu'il connaît particulièrement. Ses souvenirs ont permis de dévoiler un grand talent de conteur.
Paul VALLES
"DE BOUFARIK A CHALON-SUR-SAONE, ITINERAIRE D'UN PIED-NOIR"
Originaire de Boufarik, à côté d'Alger, Paul Vallès réussit le concours de contrôleur des Contributions directes en 1950, après avoir passé son baccalauréat. Admis en 1951 au concours d'inspecteur, il est tout d'abord affecté à l'inspection centrale d'Alger-Est, est nommé rédacteur à la direction générale des Finances du gouvernement général de l'Algérie, puis est " vérificateur" au Havre en 1962 après l'indépendance de l'Algérie.
Inspecteur principal, il est muté à Rouen, puis à Lyon. Il est directeur divisionnaire à Mende, à Valence et finit sa carrière conservateur des Hypothèques à Autun et Châlon-sur-Saône.
Dans son autobiographie foisonnante, Paul Vallès offre tout d'abord au lecteur un tableau de la vie quotidienne en Algérie française. C'est d'Alger, où sa famille s'installe en 1940, qu'il décrit les événements de la Seconde Guerre mondiale. La guerre d'Algérie, l'indépendance, le rapatriement des Français d'Algérie sont narrés de façon poignante.
Le récit de Paul Vallès est aussi celui d'une vie qui s'inscrit bien dans le siècle; il est authentique, en prise directe avec l'actualité du moment. L'existence quotidienne de l'auteur, faite d'espoirs et de souffrance, de joies, de déceptions, se déroule aux yeux du lecteur, dont l'attention est toujours soutenue, avec beaucoup de sobriété.
Ces souvenirs d'un homme attaché aux valeurs familiales sont, enfin, riches d'enseignement sur l'évolution des services fiscaux des années 1950 aux années 1990.